03 décembre 2016

17 mai, la journée Mondiale contre l’Homophobie – C’est quoi ?

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(article publié en 2009, mise à jour : mai 2015)

La Journée mondiale de lutte contre l’homophobie (IDAHO : International Day Against HOmophobia) est célébrée le 17 mai devenu IDAHOT en 2014 et réintégré la réalité trans.

Cette journée a pour but de promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention pour lutter contre l’homophobie, la lesbophobie la biphobie et la transphobie.

La première journée a eu lieu le 17 mai 2005, soit 15 ans jour pour jour après la suppression de l’homosexualité de la liste des maladies mentales de la Classification internationale des maladies publiée par l’Organisation mondiale de la santé, à savoir le 17 mai 1990.

L’organisation d’une journée de lutte contre l’homophobie dans chaque pays permet d’inscrire la lutte dans une démarche de solidarité avec toutes les personnes lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT) du monde entier. Mais il s’agit aussi d’inscrire la lutte dans une démarche plus globale de défense des droits humains. Depuis plusieurs décennies, dans le monde entier, de nombreuses actions ont été menées dans cette perspective, non sans succès d’ailleurs.

La Journée est célébrée de fait dans plus de 50 pays à travers le monde. Elle a été reconnue de jure par l’Union européenne, par la Belgique, le Royaume-Uni, la France, le Luxembourg, le Mexique, le Costa-Rica.

Chaque année, une campagne nouvelle est lancée. La plus marquante fut sans doute l’appel « pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité ». Le texte fut signé par plusieurs prix Nobel (Desmond Tutu, Elfriede Jelinek, Dario Fo, Amartya Sen, José Saramago), par de nombreux artistes (Merryl Streep, Victoria Abril, David Bowie, Elton John), des intellectuels et des écrivains de renom (Judith Butler, Noam Chomsky, Bernard-Henri Lévy), etc.

Cette campagne du Comité IDAHOT a abouti à une déclaration historique, portée par le gouvernement français et Rama Yade, à l’Assemblée générale des Nations Unies, soutenue par 67 Etats (voir le texte de la déclaration ici – document pdf)

image_17amiLa déclaration du 18 décembre 2008 à l’ONU : la dépénalisation universelle de l’homosexualité.

(extraits Afp) : Invoquant l’universalité des droits de l’homme, un tiers des pays du monde a lancé jeudi aux Nations unies un appel historique à la dépénalisation universelle de l’homosexualité, malgré l’opposition active de plusieurs Etats arabes et du Vatican.

Cet appel dont Rama Yade, secrétaire d’Etat française aux droits de l’homme, est l’une des inspiratrices, a été lancé devant l’Assemblée générale de l’ONU par l’ambassadeur d’Argentine, Jorge Arguello, au nom de 67 pays, répartis sur les cinq continents, qui l’ont signé. L’Assemblée compte 192 Etats membres.

Cette déclaration politique, qui n’engage que ses signataires, n’a pas un caractère contraignant mais place la question des droits des homosexuels, lesbiennes, bi-sexuels et transgenres à l’ordre du jour de l’Assemblée de l’ONU.

Parmi les 67 signataires figurent notamment tous les pays de l’Union européenne, le Brésil, Israël et le Japon. Mais ni la Chine, ni les Etats-Unis, ni la Russie n’y ont adhéré.

L’appel se fonde sur le principe d’universalité des droits de l’homme, consacré dans la Déclaration universelle de ces droits, dont on célèbre le 60e anniversaire cette année, et qui prévoit en son article premier que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ».

Il réaffirme « le principe de non-discrimination qui exige que les droits de l’homme s’appliquent de la même manière à chaque être humain, indépendamment de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre« .

Les 66 pays « condamnent les violations des droits de l’homme fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, où qu’elles soient commises ».

Ils dénoncent en particulier « le recours à la peine de mort sur ce fondement, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, la pratique de la torture et autres traitements ou peines cruels, inhumains et dégradants, l’arrestation ou la détention arbitraire et la privation des droits économiques, sociaux et culturels, notamment le droit à la santé ».

tout avait commencé avec la déclaration de Montréal en 2006…

rainbowHistoire : la déclaration de Montréal (été 2006) :

Les 1ers Outgames mondiaux, qui se sont déroulés à Montréal durant l’été 2006, ont été l’occasion de tenir la plus importante conférence internationale sur les droits humains LGBT jamais organisée à ce jour. Cette conférence s’est achevée avec l’adoption de la Déclaration de Montréal, dont la dernière recommandation, lue aux cérémonies d’ouverture des Outgames par madame Martina Navrátilová, « appelle tous les pays du monde et les Nations Unies à déclarer que le 17 mai de chaque année est [soit] la Journée internationale contre l’homophobie, et d’en faire la promotion ». La Fondation Émergence est à l’origine de cette recommandation qui a été adoptée par la Conférence internationale sur les droits humains des LGBT. La Déclaration de Montréal sera portée auprès des autorités des Nations Unies et des gouvernements nationaux, afin de mobiliser un appui indéniable au respect des droits LGBT.

(voir la déclaration de Montréal lien pdf ici)

L’homophobie dans le monde :

L’homosexualité est partout discriminée ; dans quatre-vingts Etats au moins, les actes homosexuels sont condamnés par la loi (Algérie, Sénégal, Cameroun, Ethiopie, Liban, Jordanie, Arménie, Koweït, Porto Rico, Nicaragua, Bosnie…) ; dans plusieurs pays, cette condamnation peut aller au-delà de dix ans (Nigeria, Libye, Syrie, Inde, Malaisie, Cuba, Jamaïque…) ; parfois, la loi prévoit la détention à perpétuité (Guyana, Ouganda). Et dans une dizaine de nations, la peine de mort peut être effectivement appliquée (Afghanistan, Iran, Arabie Saoudite…). En Afrique, récemment, plusieurs présidents de la république ont brutalement réaffirmé leur volonté de lutter personnellement contre ce fléau selon eux  » anti-africain « .

Même dans d’autres pays où l’homosexualité ne relève pas du code pénal, les persécutions se multiplient. Au Brésil par exemple, les Escadrons de la mort et les skin heads sèment la terreur : 1960 meurtres homophobes ont pu être recensés officiellement entre 1980 et 2000. Dans ces conditions, il paraît difficile de penser que la  » tolérance  » gagne du terrain. Au contraire, dans la plupart de ces Etats, l’homophobie semble aujourd’hui plus violente qu’hier. La tendance n’est donc pas à l’amélioration générale, tant s’en faut.

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voir le site SOS-HOMOPHOBIE (France)

voir la rubrique « homophobie » de GAYVIKING

voir le site HOMOPHOBIE.org (Canada) fédérant cette journée mondiale

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