07 décembre 2016

Agression homophobe dans un lycée près de Rouen

agression1(article publié le 6 février 2014 – mise à jour)

En début de semaine, une lycéenne de 18 ans a été agressée par trois autres jeunes femmes à son lycée Val de Seine à Grand-Quevilly au sud de l’agglomération de Rouen en raison de son homosexualité. Le quotidien local Paris-Normandie a récolté son témoignage. Le comportement du proviseur est incompréhensible.

Ses agresseurs ont insulté la lycéenne et son amie de « gouine » accompagné d’un doigt d’honneur. Le ton est vite monté et les trois jeunes femmes ont roué de coups la lycéenne avec des insultes homophobes (coups de poing au visage, coups de pieds aux jambes). Le proviseur a réussi à les séparer.

La lycéenne qui n’a pas caché son homosexualité a eu le courage de porter plainte pour agression en raison de son orientation sexuelle. Les agresseurs seront entendus prochainement par la police judiciaire de la Seine-Maritime.

maltraiteLa lycéenne a été sonnée ; elle se sent humiliée : « Je suis très mal, j’ai encore beaucoup de difficulté à réaliser ce qui s’est passé. Je ne comprends pas pourquoi elles se sont acharnées sur moi » a-t-elle précisé au journaliste. Elle est déterminée à aller jusqu’au bout de cet acte homophobie gratuit.

Le proviseur ne  condamne pas l’homophobie

Le proviseur du lycée, interrogé par la presse, minimise la situation : « cette affaire relève plus de la bagarre entre gamines que de l’homophobie. Vous savez, c’est malheureusement dans le vocabulaire de certains jeunes… Je pense que les propos ont dépassé les pensées. ». Sauf à protéger la réputation de son établissement, il est assez incompréhensible que le provisoire minimise à ce point la violence dans son établissement ainsi que les propos homophobes contre la lycéenne.

Les propos du proviseur sont assez déplacés et encouragent implicitement les propos homophobes qui, pour rappel, sont condamnés par la loi au même titre que le racisme et l’antisémitisme. Remplacez « gouine » par « juive » ou par « arabe »… la réaction du proviseur aurait certainement été différente. L’homophobie n’est pas une discrimination de seconde zone. Une formation lui sera sans doute utile.

agression2Depuis le débat sur le mariage pour tous, et récemment les manifestations contre la PMA et la fausse théorie d’identité de genre légitiment l’homophobie. Les agressions homophobes sont banalisées. Le rôle de l’Éducation Nationale et plus spécialement de ce proviseur aurait été l’occasion de sensibiliser l’ensemble de son équipe pédagogique et ses élèves au respect des personnes et à la lutte contre toutes les formes de discriminations notamment l’homophobie. La tolérance zéro face à ces comportements doit être la règle.

Les amis de la lycéenne ont décidé de réagir ce vendredi matin devant le lycée contre l’avis du proviseur. La lycéenne se sent réconforter face à cette mobilisation : «Je ne suis pas à l’origine de cette mobilisation, mais je crois que cela a du bon pour faire évoluer les mentalités. Hier et aujourd’hui, des lycéens que je ne connais pas sont venus me voir pour me dire qu’ils me soutenaient, cela m’a fait chaud au cœur ».

 

Mise à jour : 6 février 2014 – 21h : selon le site 76Actu, l’adjoint au procureur de la République ne reconnaîtrait pas le caractère homophobe de l’agression alors que la victime et même le proviseur avaient reconnu les propos homophobes des agresseurs selon le journal Paris-Normandie.

La police judiciaire semble souvent timorée pour reconnaître le caractère homophobe des propos des agresseurs. Contrairement au racisme et à l’anti-sémitisme, la tolérance zéro n’est pas acquise pour l’homophobie.

Selon nos informations via un contact au Rectorat, en interne, l’administration académique reconnaîtrait que l’orientation sexuelle de la victime (lesbienne) ait bien été la cause de l’agression. Mais cette affaire agite bien trop la sphère locale et les autorités éducatives semblent vouloir en ressortir par le haut. L’Éducation Nationale semble un peu dépassée par les évènements – le lycée ayant été bloqué – et l’administration a requis, en urgence, l’aide de deux associations gay et lesbienne, SOS Homophobie et Gay’T Normande, pour intervenir ce vendredi…. Comme quoi il y a bien un problème d’homophobie.

 

Mise à jour : 7 février 2014 – 23h : après une brève manifestation devant l’établissement scolaire, les lycéens volontaires se sont réunis dans une salle avec les associations Gay’T Normande et SOS Homophobie. Un dialogue s’est instauré entre les élèves. Le proviseur a reconnu qu’il avait été « maladroit » dans ses propos, relatés par la presse. Il a également reconnu qu’il y avait bien eu « agression » et non « gamineries ». Enfin, le lycée organisera avec les 2 associations des interventions en classe dès la semaine prochaine pour lutter contre l’homophobie. Pour l’association Gay’T Normande, il ne fait aucun doute qu’il s’agissait bien d’une agression homophobe, même si elle regrette le résultat de l’enquête. (Lire le communiqué diffusé par les deux associations Gay’T Normande et SOS Homophobie – ici)

 

 

Pour aller plus loin

Voir l’interview de Paris-Normandie (cliquez ici)

Relire l’article sur les interventions en milieu scolaire par les associations Gays et Lesbiennes (sur GAYVIKING – cliquez ici)

Voir article, conseils « que faire face à une agression homophobe » (cliquez ici)

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7 commentaires

  1. Thomas

    il y a encore du chemin à parcourir.
    « Une insulte + un geste obscène soulignant l’insulte » n’est pas de l’homophobie pour le procureur ???
    On a beau faire des lois si celles-ci ne sont pas respectées et appliquées… à quoi cela sert ? Il n’est pas normal que la discrimination homophobe ne soit pas reconnue dans les faits.
    On a encore besoin des associations LGBT pour faire comprendre ce qu’est l’homophobie !
    … et pendant ce temps-là les insultes continuent, la violence verbale, les quolibets, les crachats et violences physiques continuent toujours … et des gamins ont toujours peur de vivre leur homosexualité au grand jour (pour rappel : un jeune gay ou jeune lesbienne est exposé dix fois au suicide qu’un jeune hétéro).
    Ce n’est pas normal tout cela

  2. Elo

    Je fais parti de ce lycée, et je suis tout à fait pour cette manifestation etc.. Mais je trouve que l’article dénigre un peu trop le proviseur en rapport aux faits réels

  3. ND

    La réaction est honteuse venant d’un représentant direct de l’éducation nationale, censé nous amener à résonner comme des citoyens sous les couleurs de la Liberté, de l’Egalité, de la Fraternité. Ici, un pilier de la démocratie à était brisé, balayé par un « négationnisme » d’un fait explicite et irréversible de la part de ce « PROVISEUR ». La liberté d’orientation sexuelle, la liberté d’expression, la liberté de se balader sans avoir peur de se prendre un coup dans la gueule parce qu’on est gay, la liberté de pouvoir aimer peut importe le sexe, toutes ces liberté chassées, disloquées, ébréchées, émiettées, fendillées, fracassées en quelques phrases.
    -« Cette affaire relève plus de la bagarre entre gamines que de l’homophobie.(…) Je pense que les propos ont dépassé les pensées »
    Ha oui ? Les mots ont dépassés la pensée ? Et les coups ? Et l’humiliation ?
    Et le souvenir Monsieur le Proviseur, le souvenir, qu’en faîtes-vous ?
    Rien, vous n’en faites rien, rien et cela nous révolte.
    Sont-ce là les valeurs que vous transmettez ? Alors laissez moi vous dire, Monsieur, que vous n’avez pas bien compris votre rôle. Votre rôle de citoyen.

  4. Mirca

    … si c’était une quenelle, le proviseur aura eu une réaction digne du respect des personnes.

  5. Ludovic

    L’homophobie n’est pas une opinion, c’est un délit ! Honteux de banaliser cet acte !

  6. flo

    La présidente de Gay’T Normande ainsi que le responsable de l’antenne S.O.S. Homophobie mèneront demain vendredi une intervention dans ce Lycée.
    Cette intervention sera menée avec l’accord du rectorat et du chef d’établissement.
    Un contact a été établi avec les élèves qui souhaitent souligner leur indignation face à de tels actes.

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