20 octobre 2017

Garçon Magazine : homophobie la lutte continue, la réduction des traitements vih…

(brève publiée le 15 janvier 2017)

Le magazine gay, Garçon Magazine, qui vient de fêter sa première année d’existence, fortifie un peu plus son contenu éditorial. Dans le numéro 7 de janvier-février, et parmi de nombreux thèmes, deux sujets nous ont particulièrement interpellés…

Homophobie… retour aux fondamentaux

Garçon Magazine relaie les initiatives dans la lutte contre l’homophobie. L’interview de Virginie Combe, porte-parole de SOS homophobie, est juste. L’association fait le bilan de la LGBTphobie en France. SOS homophobie y note un recul des témoignages. Les gens ont recommencé à se cacher. Un phénomène de peur alors que les LGBTphobie n’ont pas disparu et notamment sur internet comme les réseaux sociaux. L’accent est également mis sur la double discrimination dont fait l’objet les lesbiennes : en tant qu’homosexuelle mais également en tant que femme… le sexisme intériorisé a fait son oeuvre. Enfin, l’association évoque ses axes prioritaires pour 2017 à savoir la continuité de sa ligne d’écoute, son soutien juridique et aussi ses actions en faveur des personnes trans.

Parmi les actions de lutte contre l’homophobie, le rôle de l’école est déterminant. Aussi les interventions dans le milieu scolaire sont indispensables pour expliquer ce que sont les LGBTphobies… tout commence par l’éducation.

Il en est de même pour le sport où les insultes se sont banalisées et le langage sportif s’entache de propos homophobes. Le magazine Garçon Magazine a interviewé le président de la FSGL, la fédération sportive gaie et lesbienne, qui fêtera ses 30 ans en février prochain.  Un de ses principaux objectifs est de mettre en oeuvre des actions dans l’éducation des plus jeunes afin d’expliquer la diversité.

La Police et la Gendarmerie n’ont pas été oubliées. L’association FLAG travaille pour l’accueil dédié aux personnes LGBT et notamment Trans où les agents des forces de l’ordre sont le plus souvent démunies. FLAG décrit dans le magazine la mise en place d’actions de sensibilisation au sein des écoles de police.

Un dossier intéressant comme un rappel aux fondamentaux.

Pédale douce sur les traitements VIH…

Un autre dossier a attiré notre curiosité : « Peut-on réduire les traitements ? » des personnes séropositives. Face aux effets indésirables et au manque de recul sur d’éventuels effets toxiques sur le long terme, la surconsommation médicamenteuse est une réelle problématique… sans compter les enjeux financiers importants pour les laboratoires. De rares praticiens, avec l’accord de leur patient, optent pour l’allégement des traitements. C’est le cas du docteur Jacques Leibowitch de l’Hôpital Raymond-Poincaré de Garches qui anime le programme thérapeutique ICCARRE et propose une réduction drastique des traitements anti-VIH limités à quelques pilules par jour prises deux, trois ou quatre jours par semaine au lieu des sept jours universellement prescrits.
Il est néanmoins dommage que le magazine n’ait pas été plus loin dans son développement sur le sujet par d’autres points de vue de praticiens ou d’associations ainsi que les enjeux financiers des traitements.

+Interviews douceurs

Enfin, on notera trois belles interviews sur ce numéro de Garçon Magazine :
– celle de Richard Cross, le coach vocal des popstars, Star Academy… Il lève un voile sur l’histoire de sa maladie, l’impact de sa carrière, ses traitements. Très touchant.
Christophe Boulmé : le photographe gay des stars de Sheila à Mickael Jackson en passant par Marie Myriam ou Jamel Debbouze. Il raconte sa rencontre avec Sheila, son art graphique et aussi sa vision du milieu gay. On retiendra cette phrase sur la montée de l’intolérance, l’homophobie : « On s’aperçoit vite que quand on s’assume, avec respect, les gens de valeur ne vous tournent pas le dos. Le vrai courage est là, pas dans la fanfare, mais la route va être encore très longue visiblement… tristement. Je trouve que le milieu gay se résume trop au sexe aujourd’hui. Nous sommes aussi des coeurs, des artisans, des passionnés, et pas si différents que ça. (…) soyons fiers tout simplement. »
– et enfin Virginie Lemoine qui évoque la mise en scène de son spectacle « 31 » avec deux personnages masculins : « l’un est homosexuel, assumé alors que l’autre, venant d’une famille portugaise très pesante, est beaucoup moins à l’aise avec ça… suis-je amoureux de ce garçon en particulier ou bien suis-je homo ». Virginie Lemoine est un soutien indéfectible de la communauté LGBT, elle qui a été élevée en partie par un frère gay.

A lire sur Garçon Magazine de janvier-février 2017 actuellement en kiosque (4,90 euros – 145 pages) avec en couverture Baptiste Giabiconi et d’autres interviews, articles, cahiers régionaux.

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