07 décembre 2016

Homophobie à Lisieux, la souffrance de Lucas (1/2)

homophobie-detresse-harcelement(article publié le 3 juin 2013)

Dans son édition du 31 mai dernier, le journal « Pays d’Auge » relate le témoignage poignant de Lucas et de sa mère. A Lisieux dans le Calvados, Lucas, 16 ans, fait l’objet de nombreux harcèlement homophobes notamment à son lycée. Lui et sa mère ont eu le courage de porter à la connaissance du public les faits dont le jeune garçon est victime.

Une situation qui n’est pas isolée dans la région et donc les associations LGBT ont bien connaissance un peu partout. Beaucoup de gays et lesbiennes ont pu connaître cette situation depuis leur adolescence. Une situation particulièrement douloureuse qui peut dans les cas les plus extrêmes tourner au drame. Et les récentes manifestations anti-égalité ont amplifié ce phénomène en libérant la parole homophobe.

La peur au ventre

La mère de Lucas a vraiment peur pour son fils et on la comprend. Il n’est pas normal qu’un jeune parte au lycée la peur au ventre.

« Ça commence dans le bus… ils me disent  – tiens voilà le petit PD -… quand je les croise au lycée, j’ai toujours droit à un coup d’épaule et des insultes comme  : « tu n’es qu’un virus, tu ne mérites pas de vivre ». «  La haine des agresseurs se retrouvent également sur les réseaux sociaux comme Facebook dont Lucas est la cible. Tous les jours, Lucas subit insultes et moquerie. Un véritable harcèlement en règle.

Lucas évite maintenant d’être seul le soir en rentrant du lycée pour éviter ce harcèlement car sa mère a peur que cela finisse mal. Lucas rejeté par ses camarades n’a pas d’amis au lycée… et ils le fuient quand ils apprennent qu’il est homo.

homophobie-lisieux-lucasComme un appel à l’aide…

Sa mère, Maryline, a rencontré le proviseur du lycée pour l’alerter mais les agresseurs ont trouvé pour seul moyen de défense d’accuser Lucas de leur faire des avances. Le lycée ne semble pas prêt à prendre la réelle dimension du problème. Sa mère semble désespérée de ne pas trouver de solution pour aider d’avantage son fils.

De son côté, le journaliste semble voir dans Lucas une résignation : « J’aurai préféré être hétéro, j’aurai moins souffert mais je n’ai pas le choix. » affirme Lucas. Être gay  n’est pas un choix sinon il y aurait longtemps que l’on aurait fait un choix contraire. Il n’y a pas d’explication à avoir, c’est comme ça.

Lucas ne doit pas désespérer. Tout le monde, loin de là, ne pense pas comme ses agresseurs. Espérons que l’amour de sa maman l’aidera à surmonter cette épreuve. Car c’est bien une épreuve comme beaucoup d’autres jeunes au collège et au lycée à l’image de Lucas.

L’homophobie n’est pas une opinion, c’est un délit

Un témoignage banal dans la cours d’un lycée mais des faits inadmissibles. Il est nécessaire que l’éducation nationale, les professeurs du lycée de Lucas et des autres établissements scolaires comme partout ailleurs apprennent une chose : l’homophobie n’est pas une opinion, c’est un délit au même titre que le racisme  (punie de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende).

Prochainement, toutes les écoles de la République devraient inscrire en fronton de leur établissement : « Liberté, Égalité, Fraternité.« … on en est loin. Le système éducatif a une part de responsabilité dans cette situation.

Les parents, les adolescent(e)s, ou toute personne peuvent contacter les associations de lutte contre l’homophobie pour obtenir du soutien et pourquoi pas les aider dans les démarches pour la défense de leur intégrité. C’est important, il ne faut pas laisser faire. La mère de Lucas l’a bien compris en acceptant de témoigner.

Association SOS HOMOPHOBIE

www.sos-homophobie.org au 0810.108.135 ou au 01.48.06.42.41 (du lundi au vendredi de 18h à 22h et tous les premiers lundis du mois : écoute jusqu’à minuit – et aussi les samedis de 14h à 16h et les dimanches de 18h à 20h).

voir aussi les associations sur Rouen (ici), sur Caen (ici), sur l’Orne (ici)

Pour aller plus loin…

Article du journal « Pays d’Auge » (édition du 31 mai 2013) – cliquez ici

 Lire l’article sur le dernier clip d’Indochine sur le harcèlement à l’école – cliquez ici

 

—> Voir article complémentaire sur les réactions à cette publication (article publié le 4 juin 2013 – GAYVIKING – cliquez ici)

 

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14 commentaires

  1. robert

    Je ne comprends pas que le système de défense du directeur, « il m’a fait des avances », allégations donc diffamation ne vaut pas une convocation des parents, je vois que la France est un pays intélorant dans les écoles, alors que dans notre histoire nous avons eus des artistes (Rimbaud, Proust, Villon hé oui ce cher voyou de Villon l’était et même avait un vocabulaire homo mal traduits par maints puritains du milieu éducatif, Verlaine bien sûr ami de Arthur, Wilde l’anglais est mort à Paris) donc il ne faut plus les lire, les voir ou les écouter messieurs les bourgeois petits et mesquins, tout ça reste politique ou religieux.
    Non sérieusement je dis à Lucas et sa gentille maman merci pour votre courage malgré le danger qui peut arriver car ces gens en toute impunité harcèlent, alors à quoi sert une loi quand elle ne s’applique pas car toucher à leur poche serait une bonne chose car aujourd’hui il n’y a malheureusement que ce langage, et tout élève agresseur devrait être viré ou mis à pied quelque jours et s’il récidive ce sera l’amende.
    amitiés à tous aux femmes et aux hommes plein d’amour et de compréhension, les autres qu’ils continuent à se buter le seul conseil que je puisse leur donner c’est de réfléchir car il gacheront leur vie et quand une personne est ainsi il est impossible qu’elle soit autrement, l’homosexualité n’est pas une maladie elle fait partie de nous humains.
    Je suis homo j’ai 54 ans et je ne leur permet au nom d’une religion, d’une morale de me jeter les pierres, vous avez remarqué nous sommes dans l’an deux mille mais qu’est ce que nous sommes archaïques.

  2. Bernard Paul

    Courage Lucas ! J’ai 56 ans et j’ai connu cela quand j’avais ton âge. Je ne pouvais bien sûr en parler à personne. On s’en sort par le mépris pour ces crétins. On apprend à se blinder. Je sais, c’est difficile ; mais tu trouveras aussi sur ta route des gens compréhensifs.. et puis tu as ta mère, c’est un soutien considérable.
    Quand à l’attitude des autorités du collège, elle est tout simplement inacceptable et je pense que l’article a pu provoquer une réaction au niveau du rectorat.
    Nous aimerions savoir si ta démarche a changé les choses. Je te le souhaite de tout coeur.

  3. Emile

    L’homophobie à Lisieux n’est pas nouveau, et – je pense – encore moins dans les collèges/lycées. Ce qui est préoccupant dans cette ville, ce n’est pas seulement la non-réaction des chefs d’établissements scolaires mais aussi le climat d’homophobie que la mairie maintient…

  4. Valéry

    Courage Lucas, courage a ta maman, vis ta vie sans plus t’occuper de tes agresseurs et si besoin n’hésite pas a porter plainte, fais juste valoir tes droits.
    Bien souvent et la vie me l’a confirmé les plus virulents des agresseurs homophobes doivent eux même être homos, la est le drame.

  5. Alexis

    C’est intolérable et impardonnable.
    Moi j’ai été dans un lycée catho. à Cherbourg et je n’ai jamais eu de problèmes. Au contraire, j’ai toujours été soutenu, écouté par le personnel enseignant et accompagnant.

  6. Yannkarim

    Y a t’il un moyen de le joindre ou de joindre sa maman pour leur manifester notre soutien ?

  7. badou

    cés des imbésil beaucoup d’agréseur son des baiseur d’homosexuel. Laisé luka vivre sa vie en paix chaqu’un a le droit de vivre son desir sexuel comme il le sent du courage luka nous somme avc toi de tous coeur et ou ai le service des droit de l’homme

  8. k-mi

    perso je suis lesbienne, j’ai grandit en Normandie et j’ai jamais eut aucun soucis de harcèlement ou d’insulte que se soit au lycée ou dans la rue. il y a des cons partout on ne peut malheureusement rien y faire mais faut pas généralisé a dire que tel ou tel région est homophobe il y en a partout en France et sur terre en général

  9. jacques collasse

    sais une honte en 2013 il save plus quoi faire pour emmerder les gens hollande qui a fait pour le mariage pour tous devrais voir pour aider les gens on a pas connue sa avant je suis gay jais 74 ans sais aujourd’hui qu’il nous font chier < mais sa sais souvent des homos refouler qui eu son gay mais en cachette courage mon lucas tu va enfin bientôt trouver le bonheur

  10. rubinstein

    je suis de tout coeur avec lukas.
    Je trouve ca honteux de la part du directeur de ne rien faire pour eviter que cela se reproduise.
    ais je pense pas non plus que la sacntion attisera la haine des agresseurs ,non plus .
    en tt cas lukas a eu beucoup de courage d4en parler a sa mere et qu’il tienne coup . il ya des assoc qui peuvent aider des adolecsnt en plein comming out et peuvent soutenir les fañilles aussi. je me sais pas commemt je peux suivre les avancement de cette histoire.
    en tt ca courage LUKAS. reste la tete haute, ta maman est avec toi .

  11. isamarco

    Ecoeurante situation, qui témoigne du travail qu’il reste à faire pour héradiquer l’homophobie ! Comme quoi le clip de Indochine est bien d’actualité, son côté violent ne faisant qu’illustrer ce que bien des jeunes, tels Lucas, doivent endurer.

    Cela doit renforcer la solidarité des homos, pour qu’ils aient leurs propres endroits, et puissent être des refuges et des lieux d’épanouissement pour eux-mêmes.

    En tout cas, il faut punir et lutter contre cette homophobie sournoise !

  12. Foxart

    La non-intervention du principal du collège, du CPE, du médecin scolaire, de l’infirmière, des surveillants, des enseignants, de l’assistante sociale devrait être considérée comme non assistance à personne en danger… Hélas, l’homophobie rampe aussi parmi ces corps de métier… J’en ai été témoin en tant qu’enseignant de nombreuses fois…
    Et la loi du silence y règne !
    Sans parler de la participation active de certains de ses membres au harcèlement des élèves et des enseignants gays… J’en ai été témoin et victime !

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