13 décembre 2017

LA VALSE DES ETABLISSEMENTS GAYS ET LESBIENS EN NORMANDIE (2003/2004)

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(article publié en décembre 2004)

ROUEN : sept bars au lieu de trois, un sex-club de plus et une boîte de nuit: la totale ! Le nombre d’établissements gays et lesbiens explose à Rouen en 2003. Mais l’année 2004 a fait déchanté beaucoup d’entre eux.

Bars : « L’insolite », a réussi à s’imposer au lendemain de la fermeture du Bloc’House, « le petit marais », un peu isolé du centre peine encore à trouver sa clientèle mais réagit nerveusement avec de belles soirées à thème.

« L’intemporel » devait réussir dans l’originalité par le côté bouquiniste de l’établissement , mais il ne trouvant pas de clientèle fidèle ferma ses portes en 2004.

Enfin le « Blues » devait viser une clientèle plus haut de gamme. Mais avec des prix moyens de 10 euros… laissez tomber, faut pas rêver… victime de son manque de succès il fut vendu en 2004, mais les patrons se sont concentrés sur un sex-club plus prometteur.

L’impulsion émulsion gay dans la vie rouennaise n’a été que de très courte durée… trop de bars pour une si petite clientèle qui aime bien restée chez elle devant la télévision ou l’internet, voir les endroits sombres mais pas dans les bars.

Néanmoins, un nouveau bar à Rouen, rive gauche continue de tenter l’expérience : « le privilège » ouvert en septembre 2004. Souhaitons leur bonne chance.
Côté discothèque : Rouen a enfin une boîte 100% gay en 2003… il était temps… « le Smart » qui remporte un très grand succès. L’Ex-Queen, l’ex-boy… l’ex-Ku rechange de nom (décidément) pour devenir fin 2004 : K VIP. Mais la clientèle homo se raréfit et se concentre que le dimanche soir. Parallèlement, le TRAXX, la boîte mythique de Rouen ferme ses portes en décembre 2003 pour laisser la place au CHAKRA (rien ne change… on recommence), très gay friendly.

Enfin, après quelques éclaircissements bucoliques entrepris par Monsieur le Maire, le Square n’est plus ce qu’il était : « vive » les Sexes Clubs ! Le Club 66 n’est plus seul… et risque de se laisser distancer par le « C », nouvel établissement qui se veut le plus grand sexe club de Normandie. C’est ainsi que le sauna « les Trois Colonnes » a réagit assez vite en élargissant ces plages horaires le soir.

Décidément à Rouen pour une fois sa bouge !

LE HAVRE : la porte océane est victime de sa trop grande proximité avec Rouen. De ce fait, la ville assure un minimum avec 1 boîte de nuit (le Floston) et deux bars. Hélas… le MATRIXX’CLUB a fermé ses portes en 2004 par manque de clientèle. Il avait ouvert en 2002.

CAEN avait encore un train d’avance sur sa consoeur Haut Normande… mais elle a tendance à se laisser rattraper. Caen ne connaît pas encore une frénésie d’ouvertures des établissements gays et lesbiens. Depuis le début de l’année on a pu voir le Charles V fermé… et puis plus grand chose à l’horizon… il n’existera bientôt plus de boîte gay à Caen et aux alentours. Le Sweety Loft a fermé, tiraillé par une population et des représentants de l’Ordre homophobes. Espérons que Caen n’aura pas encore dit son dernier mot !

MANCHE… c’est certains… y’a pas grand chose… mais en grattant un peu on peut y trouver des établissements intéressants : à Bréville sur Mer (les Artistes Club), à Granville (le BMP) accompagnent les deux bars gays de Cherbourg (Space Boy et Freedom Café). Petit à petit les homos font leur nid dans ce département. Jusqu’à cet été 2004 où le SPACE BOY a fermé suite au harcellement dont ils ont été lobjet, ils ne pouvaient plus s’en sortir financièrement. L’avantage de ce département est la présence importante des plages gays sur la côte est où toutes les rencontres sont possibles.

ASSOCIATIONS, LES MALS-AIMES

Les associations n’ont plus la cote !

On ne peut pas dire que les deux gays pride à Rouen et à Caen étaient prodigieuses… d’ailleurs Caen n’a pas organisé de festivités en 2004. La mobilisation est en perte de vitesse. Même topo à Cherbourg au moment de la manif contre la fermeture administrative du bar le Freedom Café… y’avais pas grand monde. C’était un peu décevant. De même que pour la journée de lutte contre le sida, le 1er décembre 04… les associations des principales villes de Normandie (Rouen et Caen) étaient quasiment absente de la scène. Seules les associations de Cherbourg et Dieppe ont communiqué sur la cause.

Et les femmes dans tout ça ? Où sont-elles ? A l’Ouest des Dames, l’association rouennaise a été dissoute. Elle a été victime d’une démobilisation importante de ses militantes.

A quoi bon créer une asso si personne ne vient aux réunions. Se mobiliser dans les actions anti-homophobes… C’est dans ces moments là que la résistance s’organise… et que les choses pourront avancer.

Détrompez-vous, les associations ont encore besoin de vous et vous d’elles !

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