27 juin 2017

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Législatives 2012 : Carine Goupil

(article publié le 7  juin 2012)

Les associations LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuel(le)s et Transexuel(le)s) des deux régions Normandes ont décidé de se regrouper dans un collectif unitaire afin d’interroger les candidats et candidates sur les questions relatives à l’égalité des droits et à l’homophobie. Chaque candidat(e)s a reçu les mêmes questions. Voici les réponses de Carine Goupil, candidate du Front de Gauche dans la première circonscription de la Seine-Maritime (Rouen / Mt St Aignan / Déville-les-Rouen). 

EGALITE DES DROITS

# Etes-vous favorable au mariage civil entre personnes de même sexe? Et si oui, quand comptez-vous le mettre en application? Etes-vous favorable à ce que le PACS offre les mêmes droits que le mariage civil (pension de réversion, droit au titre de séjour, enregistrement en mairie) ?

Carine Goupil : Ainsi, nous défendons l’ouverture immédiate du droit au mariage à tous les couples sans distinction de sexe ou considération d’identité de genre. Par ailleurs, nous sommes favorables à l’évolution du PACS pour qu’il ouvre les mêmes droits que le mariage civil. Les conjoints étrangers pourront par ailleurs bénéficier du droit au visa, au séjour, à la résidence et à la nationalité française.

# On évalue entre 30 000 et 350 000, selon les modes de comptabilisation, le nombre d’enfants élevés dans des familles homoparentales. Permettrez vous l’adoption d’un enfant par le compagnon de son père ou la compagne de sa mère ? Ouvrirez-vous l’adoption aux couples homosexuels ? Si oui, sous quelles conditions ? Si non, ne trouvez-vous pas problématique que dans le cas d’un enfant élevé par sa mère biologique et la compagne de sa mère (cas d’une PMA effectuée à l’étranger par exemple), cet enfant soit moins bien protégé sous prétexte qu’il grandit dans une famille homoparentale ?

Carine Goupil : Nous sommes favorables à l’adoption pour tous les couples selon les même procédures que pour les couples composés d’un homme et d’une femme, ainsi qu’à l’adoption d’un enfant par le/la concubin-e de son parent biologique.

# Ouvrirez-vous la procréation médicalement assistée à toutes les femmes, sans discrimination ?

Carine Goupil : Nous sommes favorables à la reconnaissance sociale et juridique des projets de co-parentalité et à l’accès de toutes les femmes à la procréation médicalement assistée, cela dans le respect de non mise à disposition et de non marchandisation du corps.

Si oui, êtes-vous également favorable à l’autorisation en France de la GPA ?

Carine Goupil : La gestation pour autrui qui implique l’utilisation du corps des femmes entre en contradiction avec le principe de non marchandisation, nous n’y sommes donc pas favorables.

LUTTE CONTRE L’HOMOPHOBIE

# La lutte contre les discriminations doit aussi être soutenue par les pouvoirs publics chargés de l’éducation et de la formation. Que comptez-vous mettre en œuvre pour faire reculer les préjugés et les discriminations relatifs à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans les collèges et lycées ?

Carine Goupil :  La lutte contre les discriminations passe aussi essentiellement par l’information et la formation pour faire reculer les idées préconçues, pour permettre l’accueil et la prise en charge des personnes victimes de discrimination. Le développement de la formation doit concerner l’ensemble des agents des services publics et des acteurs sociaux (enseignants, policiers, gendarmes, personnel hospitalier, juges, médecins, psychologues, éducateurs et travailleurs sociaux, surveillants de prison, éducateurs sportifs…). Les moyens adéquats en ce sens doivent être débloqués. Localement, les associations qui s’engagent et jouent un grand rôle de cohésion sociale doivent être soutenues pour pouvoir développer leurs activités.

Au niveau national, de grandes campagnes de sensibilisation aux discriminations fondées sur le sexe, le genre et l’orientation sexuelle doivent combattre les idées reçues et permettre l’évolution des comportements. En particulier, un travail conséquent doit être mené en direction des jeunes pour la prévention des suicides. De l’école maternelle au lycée, l’école doit être le lieu du recul de toutes les discriminations. Les élèves doivent être sensibilisés afin de ne pas reproduire les schémas de discriminations existants. Les contenus des médias et des publications de jeunesse doivent contribuer à lutter contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie. L’école doit être aussi le lieu de l’enseignement de la diversité des sexualités, d’une éducation à la sexualité dans ses dimensions de partage et de respect de soi et de l’autre, ainsi que le lieu de la prévention contre les IST.

Ces évolutions passent par l’évolution des programmes scolaires, par la formation des enseignants et des personnes travaillant au contact des enfants, ainsi que par le développement des partenariats avec les associations oeuvrant dans le domaine de la prévention des discriminations.

# La prise en compte des violences faites aux LGBT n’est réellement efficace que si l’on est formé aux réalités des vies des personnes LGBT. Comment comptez-vous améliorer l’accès, l’accueil et le dépôt de plaintes des personnes victimes d’homophobie et de transphobie au niveau des services de police ?

Carine Goupil :  Les services de police et de justice sont particulièrement concernés par la formation, pour améliorer les prises en charge et ne pas ajouter de la discrimination à la discrimination pour les personnes victimes d’injures et de violences. Par ailleurs, des espaces de confidentialité devraient être mis en place dans les commissariats de police pour permettre un meilleur accueil de tous les plaignants.

# Le renforcement de l’arsenal législatif est important et nécessaire dans la lutte contre l’homophobie. Quels moyens mettrez-vous en place dans ce domaine ?

Carine Goupil : La lutte contre les discriminations passe par la répression des injures et agressions liées au genre et à l’orientation sexuelle. Nous sommes favorables au rétablissement de la HALDE. L’inspection du travail doit être renforcée pour lutter contre les discriminations envers les personnes LGBT sur les lieux de travail.

# Quels moyens supplémentaires donnerez-vous en matière de santé publique concernant la population homosexuelle (suicides, lutte contre les IST, personnes âgées LGBT dans les structures…) ?

Carine Goupil : Il est de même à l’Hôpital où la formation des personnels soignants doit permettre de prendre en charge, d’orienter et de répondre à chaque situation et à chaque demande, qu’elles soient d’ordres médical ou psychologique

DON DU SANG

# Mettrez-vous fin à l’exclusion des homo/bisexuels du don du sang ?

Carine Goupil : Nous mettrons fin à l’exclusion des homosexuels et bisexuels du Don du Sang.

RECONNAISSANCE DU GENRE ET DE L’IDENTITÉ

# Procéderez-vous à l’alignement des textes législatifs et réglementaires pour qu’y figure « l’identité de genre », au même titre que l’orientation sexuelle, parmi les motifs de discrimination condamnés ? Permettrez-vous aux personnes trans qui souhaitent s’engager dans un parcours médical de transition de bénéficier de soins de qualité remboursés et de choisir librement leurs médecins ?

Carine Goupil : Nous nous prononçons pour la dépathologisation du parcours transsexuel et pour une prise en charge des traitements par la Sécurité sociale. Les formations doivent être développées en direction des médecins pour permettre l’accès aux traitements et un suivi adapté partout en France. La recherche, à même d’améliorer les traitements, doit être favorisée. L’évolution de la conception du genre est centrale dans la perception des rôles sociaux. Dès l’école, les enseignements scolaires sur la construction sociale du genre doivent permettre de combattre les préjugés qui assignent des rôles sociaux au masculin et au féminin sous couvert de l’identité biologique. La mention « identité de genre » doit être incluse dans toute la législation contre les discriminations, au même titre que l’ « orientation sexuelle ». Les démarches de modifications des mentions inscrites à l’état civil ainsi que du prénom d’usage doivent être simplifiées.

RECONNAISSANCE DE LA DÉPORTATION HOMOSEXUELLE

# En tant qu’élu local, êtes-vous prêt à vous engager auprès des associations pour que la communauté homosexuelle ait toute sa place, au même titre que les autre communautés, lors des cérémonies du souvenir de la déportation ?

Carine Goupil : La reconnaissance de la déportation pour fait d’homosexualité devra être effective sur tout le territoire français et s’intégrer pleinement dans l’ensemble des cérémonies dédiées à l’hommage aux déportés

DÉFENSE DES DROITS HUMAINS DES PERSONNES HOMOSEXUELLES ET TRANS PERSÉCUTÉES

# Etendrez-vous les conditions du droit d’asile aux personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle, réelle ou supposée, ou de leur identité de genre ? Militerez-vous auprès du gouvernement français pour qu’il exerce un lobbying pour l’abrogation des législations pénalisant l’homosexualité et la trans-identité dans ces 76 pays ? Si oui, sous quelles formes ?

Carine Goupil : Nous soutiendrons l’harmonisation des droits « par le haut » au sein de l’union européenne, ainsi qu’un rôle renforcé de l’ONU pour la dépénalisation de l’homosexualité et du transgenrisme. Nous accorderons le droit d’asile aux LGBT persécutés dans leur pays.

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