27 juin 2017

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Législatives 2012 : Rebecca Armstrong

(article publié le 7 juin 2012)

Les associations LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuel(le)s et Transexuel(le)s) des deux régions Normandes ont décidé de se regrouper dans un collectif unitaire afin d’interroger les candidats et candidates sur les questions relatives à l’égalité des droits et à l’homophobie. Chaque candidat(e)s a reçu les mêmes questions. Voici les réponses de Rebecca Armstrong, candidate d’Europe Ecologie Les Verts dans la 3ième circonscription de l’Eure (Bernay / Beuzeville / Broglie / Pont-Audemer…). 

EGALITÉ DES DROITS

# Etes-vous favorable au mariage civil entre personnes de même sexe? Et si oui, quand comptez-vous le mettre en application?

Rebecca Armstrong : je veux défendre le mariage pour tous. Car chacun doit pouvoir avoir le choix de se marier ou pas, quelque soit le sexe des époux

# Etes-vous favorable à ce que le PACS offre les mêmes droits que le mariage civil (pension de réversion, droit au titre de séjour, enregistrement en mairie) ?

Rebecca Armstrong : Vous le constatez vous même, le PACS a été une avancée non négligeable. En ouvrant le mariage à tous les couples, je pense qu’il faut engager une concertation avec les différentes associations pour savoir si l’alignement du PACS sur le mariage en termes de droits à une réelle plus-value.

# On évalue entre 30 000 et 350 000, selon les modes de comptabilisation, le nombre d’enfants élevés dans des familles homoparentales. Permettrez vous l’adoption d’un enfant par le compagnon de son père ou la compagne de sa mère ? Ouvrirez-vous l’adoption aux couples homosexuels ? Si oui, sous quelles conditions ? Si non, ne trouvez-vous pas problématique que dans le cas d’un enfant élevé par sa mère biologique et la compagne de sa mère (cas d’une PMA effectuée à l’étranger par exemple), cet enfant soit moins bien protégé sous prétexte qu’il grandit dans une famille homoparentale ?

Rebecca Armstrong : Le droit de la famille, c’est aussi l’adoption. Je suis favorable à l’adoption par le ou la conjointe ainsi que pour les couples homosexuels.

# Ouvrirez-vous la procréation médicalement assistée à toutes les femmes, sans discrimination ?

Rebecca Armstrong : Concernant la PMA, je suis favorable à son ouverture à toutes les femmes.

Si oui, êtes-vous également favorable à l’autorisation en France de la GPA ?

Rebecca Armstrong : S’agissant de la GPA, j’avoue ne pas connaître assez bien son contexte pour répondre de façon catégorique. Je souhaite pouvoir y travailler avec les mouvements associatifs qui travaillent sur cette question délicate.

LUTTE CONTRE L’HOMOPHOBIE

# La lutte contre les discriminations doit aussi être soutenue par les pouvoirs publics chargés de l’éducation et de la formation. Que comptez-vous mettre en œuvre pour faire reculer les préjugés et les discriminations relatifs à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans les collèges et lycées ?

Rebecca Armstrong : Pour le droit pénal, une discrimination est toujours une discrimination, principe d’égalité encore. Que des injures soient portées en raison d’une religion, d’une couleur de peau, de sexe, les peines encourrues doivent être les mêmes. Il faut punir, mais aussi prévenir. Notre modèle social conforte insidieusement des discriminations, dès les livres pour enfant, dans les jouets, dans l’orientation scolaire, etc. Il est urgent de mener un travail de fonds avec tous les acteurs de l’éducation, scolaire ou populaire, pour que notre construction sociale, consciente et inconsciente, devienne égalitaire. Il s’agit là d’un chantier de longue haleine mais passionnant, sur lequel je veux m’engager.

# La prise en compte des violences faites aux LGBT n’est réellement efficace que si l’on est formé aux réalités des vies des personnes LGBT. Comment comptez-vous améliorer l’accès, l’accueil et le dépôt de plaintes des personnes victimes d’homophobie et de transphobie au niveau des services de police ?

Rebecca Armstrong : Il faut former les interlocuteurs des services publics qui sont confrontés au recueil des constats d’actes discriminatoires: police, justice, …

# Le renforcement de l’arsenal législatif est important et nécessaire dans la lutte contre l’homophobie. Quels moyens mettrez-vous en place dans ce domaine ?

Rebecca Armstrong : Aujourd’hui, il n’existe plus d’agence de lutte contre les discriminations. C’est pourtant essentiel. Une autorité indépendante, avec des moyens, déployées dans les régions doit être mise en place pour travailler avec les acteurs associatifs

# Quels moyens supplémentaires donnerez-vous en matière de santé publique concernant la population homosexuelle (suicides, lutte contre les IST, personnes âgées LGBT dans les structures…) ?

Rebecca Armstrong : En matière de santé, je pense qu’une offre d’accueil préventive doit être accessible dans tous les territoires, pour toute la diversité des publics. Je propose d’ailleurs de créer un bouclier-services publics, intégrant la santé, préventive et curative en ville mais aussi dans les campagnes.

DON DU SANG

# Mettrez-vous fin à l’exclusion des homo/bisexuels du don du sang ?

Rebecca Armstrong : Concernant le don du sang, j’avais fait part de mon indignation à ce sujet ici. Oui, le don du sang doit être ouvert à tous, dans la limite du questionnaire adressé à chaque volontaire, permettant de mettre en évidence des pratiques à risque.

RECONNAISSANCE DU GENRE ET DE L’IDENTITÉ

# Procéderez-vous à l’alignement des textes législatifs et réglementaires pour qu’y figure « l’identité de genre », au même titre que l’orientation sexuelle, parmi les motifs de discrimination condamnés ? # Permettrez-vous aux personnes trans qui souhaitent s’engager dans un parcours médical de transition de bénéficier de soins de qualité remboursés et de choisir librement leurs médecins ?

Rebecca Armstrong : Je suis également favorable au traitement des discriminations liées à l’identité de genre comme toutes les autres discriminations. De plus, un parcours de soin adapté, pris en compte par les organismes sociaux doit exister. L’accompagnement des personnes dans ce processus est important et il est nécessaire d’avoir plus de professionnels de santé formés à ces questions. Néanmoins, je tiens à préciser que je connais très mal cette question et qu’elle mériterait que je m’y penche plus avant.

RECONNAISSANCE DE LA DÉPORTATION HOMOSEXUELLE

# En tant qu’élu local, êtes-vous prêt à vous engager auprès des associations pour que la communauté homosexuelle ait toute sa place, au même titre que les autre communautés, lors des cérémonies du souvenir de la déportation ?

Rebecca Armstrong : La déportation a touché de nombreuses populations: juifs, tsiganes, homosexuels, témoins de jéhova. Il est important que le travail des historiens, qui ont pu retracer ces douloureux événements soient reconnus par tous les acteurs, locaux et nationaux. Je ne suis pas élue locale, pour autant, il me paraît indispensable que l’on ouvre les cérémonies du souvenir à toutes et tous.

DÉFENSE DES DROITS HUMAINS DES PERSONNES HOMOSEXUELLES ET TRANS PERSÉCUTÉES

# Etendrez-vous les conditions du droit d’asile aux personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle, réelle ou supposée, ou de leur identité de genre ? Militerez-vous auprès du gouvernement français pour qu’il exerce un lobbying pour l’abrogation des législations pénalisant l’homosexualité et la trans-identité dans ces 76 pays ? Si oui, sous quelles formes ?

Rebecca Armstrong : A l’échelle européenne et internationale, la France de demain, forte de sa nouvelle Assemblée, doit porter la voix de l’égalité et amener, par le dialogue, les pays qui n’ont pas encore choisi cette voie. Je souhaite que la France anime une dynamique auprès des Nations Unies mais aussi au sein du G8 et du G20 pour que les pays membres soient exemplaires en la matière et intègrent ces enjeux dans les accords qui nous lient avec des Etats discriminants.

 

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