04 décembre 2016

L’épidémie du Sida continue – les chiffres en région

aides-aids

(article publié le 30 juillet 2013)

L’institut de veille sanitaire (INVS) a publié ce mois-ci son bilan définitif des découvertes de VIH et sida en France pour l’année 2011 dans son bulletin hebdomadaire de juillet. Placé sous la tutelle du ministère chargé de la Santé, l’Institut de veille sanitaire (InVS) est un organisme incontournable qui réunit les missions de surveillance, de vigilance et d’alerte dans tous les domaines de la santé publique.

Les données épidémiologiques sont généralement très longues à être définitives car elles doivent être longuement vérifiées et corrigées.

En 2011, 6.088 personnes ont découvert leur séropositivité VIH contre 6.262 cas en 2010. Le nombre de découvertes de séropositivité, après avoir diminué significativement entre 2004 et 2007, se stabilise depuis. Pour rappel, entre 2003 et 2005, nous pouvions constater une moyenne de 7.500 cas. Le chiffre de découverte de séropositivité est très proche de la situation au Royaume-Uni en 2011 (6.280 cas).

gn-invs-2011aCela représente une moyenne de 93 cas de VIH par million d’habitant en France (outre-mer inclus). Selon l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) près de 60% en France ignorent leur séropositivité, soit 30.000 personnes et 60% devraient déjà être sous traitement.

 

En région…

En dehors de l’outre-mer, c’est la région Ile de France qui affiche un taux annuel de séropositivité VIH le plus élevé avec 222 cas par million d’habitants, puis la région Provence Alpes Côte d’Azur avec 82 cas (voir ci-dessous).

La Normandie a affiché un taux annuel de découverte VIH de 43 cas par million d’habitants en 2011. (58 cas* par million pour la Haute-Normandie et 25 cas* par million pour la Basse-Normandie). Ainsi, pour la seule année 2011, 143 personnes ont découvert leur séropositivité en Normandie (106 en Haute-Normandie et 37 en Basse-Normandie). La Normandie (haute et basse) se classe au 20ième rang sur les 26 territoires étudiés (métropole et DOM inclus).

Selon l’INVS pour la période comprise entre 2003 et 2011, c’est environ 1.100 personnes qui ont découvert leur séropositivité en Normandie (chiffres non définitifs – 750 en Haute-Normandie et 313 en Basse-Normandie).

 

Contaminations annuelles : nombre de cas par millions d’habitants (Métropole des 22 régions seules) :

gn-invs-2011b– Ile de France : 222
– Provence Alpes Côte d’Azur : 82
– Midi-Pyrénées : 71
– Aquitaine : 63
– Rhône Alpes : 61
– Picardie : 61
– Languedoc Roussillon : 60
– Alsace : 60
– Haute-Normandie : 58
– Centre : 52
– Champagne Ardennes : 52
– Pays de Loire : 50
– Poitou-Charente : 49
– Lorraine : 48
– Limousin : 48
– Bretagne : 43
– Bourgogne : 39
– Nord pas de Calais : 37
– Auvergne : 33
– Basse-Normandie : 25
– Corse : 19**
– Franche Comté : 18**
** : données incomplètes pour l’INVS

 (* : pour info concernant le calcul total des 43 cas par millions d’habitants pour la Normandie cité plus haut, le ratio a été recalculé ; on ne peut pas additionner les deux ratios des deux régions ‘haute et basse-normandie (25+58)’ car les deux régions n’ont pas le même nombre d’habitants).

sida-syndrome-immunodeficience-acquise-provoqueProfils…

La proportion d’hommes parmi les personnes découvrant leur séropositivité reste toujours majoritaire (68%). Les personnes de 25 à 49 ans représentent 72%. Les moins de 25 ans : 11% et les plus de 50 ans : 17%.

La proportion des personnes ayant des rapports sexuels entre hommes reste importante eu égard à la population : 39% l’ont été par des rapports sexuels entre hommes (toute origine), 58% ont été contaminées par des rapports hétérosexuels et 1% par usage de drogues (seringues).

A noter que si on observe les seules personnes nées en France, c’est 64% des personnes qui ont été contaminées lors de rapports homosexuels. Alors que pour les personnes d’origine étrangère, le mode de contamination se réalise lors de rapports hétérosexuels.

Concernant les homosexuels, c’est environ 2.400 qui ont découvert leur séropositivité en 2011 et 75% d’entre eux ont entre 25 et 49 ans. Selon l’INVS, les personnes ayant eu des rapports sexuels entre hommes constituent le seul groupe pour lequel une augmentation du nombre de diagnostic a été observée depuis 2003.

 

depistageDépistages tardifs…

A noter que les hétérosexuels découvrent tardivement leur séropositivité, contrairement aux homosexuels et aux femmes. Le plus souvent, les hétéros ne recourent au dépistage que lorsque la maladie a produit ses premiers effets. Le manque de communication pour le dépistage du Sida en direction des hétéros reste insuffisant.

 

Depuis le début de l’épidémie, le nombre total de personnes ayant développé un sida est estimé à environ 86.000 en France. Parmi celles-ci, on estime à 38.600 le nombre de personnes vivantes fin 2011. On peut en déduire que 47.400 personnes sont décédées.

 

Le Sida est toujours là, il n’a pas disparu… Protégez-vous.

Pensez également au dépistage : mode d’emploi et adresses (cliquez ici)

 

ZOOM – Que signifie VIH ? sida ?

Sources : Sida Info Service

Le terme VIH désigne le Virus de l’Immunodéficience Humaine. Lorsqu’une personne est infectée par ce virus, celui-ci va détruire progressivement certaines cellules qui coordonnent l’immunité (c’est-à-dire les défenses de l’organisme contre les microbes).

Au fil du temps, ces cellules deviennent de moins en moins nombreuses et l’immunité est de moins en moins efficace. Des maladies de plus en plus graves peuvent alors se développer. Certaines maladies sont appelées « maladies opportunistes » parce qu’elles profitent de la diminution de l’immunité pour se développer. Lorsqu’une personne a une ou plusieurs maladies de ce type, on dit qu’elle a le sida (Syndrome d’Immuno Déficience Acquise).

 

Mais alors, quelle est la différence entre l’infection par le VIH et le sida ?

L’organisme n’est pas capable d’éliminer complètement le VIH. Cependant, quand quelqu’un a le VIH, il ne va pas être malade tout de suite car le VIH met en général plusieurs années avant de détruire les défenses immunitaires. On ne parle de sida que lorsqu’une personne développe une maladie opportuniste.

 Quand une personne a le sida c’est qu’elle a déjà forcément le VIH. Alors que toutes les personnes infectées par le VIH n’ont pas forcément développé le sida. Les traitements actuels ont pour but d’empêcher que l’infection par le VIH évolue vers le sida et aussi de soigner le sida chez ceux qui l’ont déjà développé.

 

Etre séropositif, est-ce la même chose qu’avoir le sida ?

On ne peut pas savoir que l’on est séropositif si on n’a pas fait un test de dépistage du VIH et que ce test s’est avéré positif. Le test permet de rechercher des anticorps que l’organisme produit pour essayer de se protéger du VIH. Ils ne sont fabriqués qu’en présence du VIH. Donc, être séropositif au VIH veut dire qu’on est infecté par le VIH. Cela ne signifie pas pour autant qu’on est arrivé au stade du sida.

 

J’ai entendu dire que, quand une personne était séropositive, elle avait des taches sur la peau et qu’elle maigrissait. Est-ce vrai ?

Non. On peut être séropositif pendant des années tout en se sentant en très bonne santé. Le fait d’être infecté par le VIH ou d’avoir le sida ne se voit pas en dehors d’examens particuliers. Et si on a pris un risque, il n’y a qu’en faisant un test de dépistage du VIH qu’on pourra savoir si on est porteur ou non de ce virus.

 

 Pour aller plus loin :

logo_invs– INVS (Institut National de Veille Sanitaire) – site institutionnel (cliquez ici)

– INVS (Institut National de Veille Sanitaire) – bulletin hebdomadaire, source des graphiques ci-dessus (cliquez ici)

– ANRS (Agence Nationale de Recherche sur le Sida) (cliquez ici)

– Sida Info Service pour s’informer (cliquez ici)

– Sidaction car la victoire ne se fera pas sans vous (cliquez ici)

 

(la photo du beau garçon en « une » de GAYVIKING n’avait  que pour seul but de vous rendre curieux… La première photo provient d’une campagne de publicité de l’association Aides)

 

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