11 décembre 2016

Sondage : Rouen déclassée, Caen désolée

(article publié le 5 janvier 2013 – Fred)

On aurait pu trouver mieux comme titre pour un article sur la vie LGBT dans notre région. « Rouen le déclassée, Caen la désolée » est le résultat d’un sondage réalisé par le magazine gay et lesbien TETU sur les villes les plus gayfriendly en France. Au préalable, on regrettera que le sondage oublie la ville du Havre, première ville en nombre d’habitants dans notre région.

Les deux capitales de Normandie ont donc subi le verdict des internautes de TETU. Sur 23 villes évaluées, Rouen se place 17ième devant Caen 18ième. Face aux villes normandes, les trois premières villes de France sont des grandes métropoles : Montpellier, Nantes et Lyon. A noter que Marseille, St Etienne et Toulon ferment le palmarès.

Le sondage a été publié dans le numéro de décembre 2012 du magazine TETU. 6000 personnes ont répondu à l’enquête permettant de réaliser un panorama de chaque ville  par ses habitants homos. A noter que sur 6000 personnes interrogées, 108 ont évalué la ville de Caen et 153 la ville de Rouen, ce qui représente très peu de personnes à notre goût pour sécuriser les conclusions.

L’avis des rouennais

Rouen obtient une note de 10,5/20. L’analyse du sondage révèle que la ville a beaucoup perdu de son attractivité, et souffre d’une mauvaise image. L’avis des journalistes semble très tranché : « depuis 10 ans, de nombreux bars gays ont mis la clef sous la porte, plusieurs clubs aussi, détournant les homos vers la scène parisienne toute proche. Aujourd’hui la vie gay vivote autour d’un bar, de deux saunas, de plusieurs sex-clubs, d’une boîte gayfriendly. ». Mais le magazine entrevoit un espoir : « Longtemps atone et peu militant, le tissu associatif reprend du poil de la bête. Un bon point, malgré l’absence de gaypride ?« .

Parmi les questions posées aux internautes rouennais : 72% sont insatisfaits des associations, 60% insatisfaits des lieux LGBT, 18% jugent réticente ou hostile l’attitude de leur voisin, 35% ne recommandent pas Rouen. A noter tout de même que 70% n’ont jamais vécu d’actes homophobes. A contrario : 30% oui !

L’avis des caennais

Caen obtient à peu près la même note que sa consoeur haut-normande : 10/20. Le magazine TETU pose le verdict sans appel : « Faut bien se rendre à l’évidence, Caen ne brille pas par sa gaytitude même si, contrairement à Rouen, il y a une gaypride et l’existence du seul centre LGBT normand (la Maison des Diversités). » Les journalistes reconnaissent le dynamisme du milieu associatif. En effet, le sondage révèle que 70% des homos à Caen sont satisfaits du milieu associatifs (alors qu’ils ne sont que 28% à Rouen). Concernant la vie gay : « elle se caractérise par sa platitude : un sexe-club, deux saunas, un ou deux restos friendly… et c’est tout ! Plus aucun bar gay, plus aucune boîte, plus aucun lieu de fête LGBT… Caen, morne plaine. Heureusement la mer n’est pas loin !« . Comme Rouen 33% ne recommandent pas leur ville.

Sondage à relativiser

Après avoir découvert le résultat de  ce dossier publié par TETU, il y aurait de quoi déprimer.

Il faut relativiser ce sondage. Il n’est basé que sur 108 internautes se déclarant Caennais et 153 internautes Rouennais… difficile de savoir si c’est  réellement représentatif. Et si ça l’était, tout n’est pas si noir que cela. A Rouen comme à Caen, il n’y a pas beaucoup d’établissements mais ceux qui existent sont de bonnes qualités pour la plupart et, à notre connaissance, des projets sont prévus prochainement. Sans compter le monde associatif qui commence bien à se structurer et à s’ancrer sur le territoire.

Il faut aussi accepter que ni Rouen, ni Caen ne semblent pouvoir rivaliser avec les grandes métropoles régionales. Sans doute que ce sondage est un des reflets du dynamisme économique et culturel des deux villes. Tout ne dépend pas que des gays et lesbiennes… 🙂

Pour aller plus loin

voir les résultats détaillés du sondage de TETU (document de presse pdf – cliquez ici)

voir le site de TETU.com (cliquez ici)

classement générale pour info :

1 MONTPELLIER

2 NANTES

3ex LYON

3ex RENNES

5 NICE

6 TOULOUSE

7 LILLE

8 PARIS

9 AVIGNON

10 ANGERS

11 BORDEAUX

12 TOURS

13 NANCY

14 CLERMONT-FERRAND

15 METZ

16 STRASBOURG

17 ROUEN

18 CAEN

19 GRENOBLE

20 ORLÉANS

21 MARSEILLE

22 SAINT-ÉTIENNE

23 TOULON

 

 

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2 commentaires

  1. Micka

    @Bernayou : c’est un peu rapide de dire que c’est un ‘truc de parisien’. Et pour une fois qu’un ‘sondage’ s’intéresse à la vie LGBT en Province on ne va cracher dessus.
    De plus, je ne pense pas que cela soit très pertinent d’intégrer toutes les sous-préfecture (environ 230… et près de 36.000 communes en France). Le sondage n’aurait eu aucun sens d’intégrer autant de communes, déjà que ce sondage a ses limites avec seulement 23 villes…. il est plus intéressant d’analyser les grandes métropoles régionales là où il y a (mathématiquement) le plus de gays et lesbiennes. 

    Sinon on voit bien que la vie gay est plus dynamique dans les villes à fort potentiel économique et étudiant. Les normands sont à la traîne.

  2. Bernayou

    Et…. y’a pas Bernay dans ce sondage ?
    Encore un truc fait par des parisiens : ils n’aiment pas les sous-préfectures de province !

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