18 octobre 2017

SOS HOMOPHOBIE EN NORMANDIE (Interview)

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(article publié en juillet 2008)

On connaît l’association SOS Homophobie au niveau national avec notamment l’édition de son rapport annuel sur les discriminations. Mais il existe également au niveau local des délégations régionales. En Normandie, sa base est située à Caen. Et c’est Anne-Lyse Cauvin qui a bien voulu accorder à GAYVIKING cette interview.

 

GAYVIKING : Comment se présente le groupe Normandie de SOS Homophobie par rapport à l’organisation nationale ?

Anne-Lyse : Nous sommes une délégation régionale. Nous avons des adhérent-e-s en Normandie qui soutiennent notre association et nos actions.

En revanche nous sommes 3 membres actifs validés par le CA national à organiser les actions localement.

Nous sommes deux représentantes régionales  à pouvoir représenter légalement l’association.

C’est-à-dire que nous sommes habilitées à nous exprimer devant les médias, à interpeller les Institutions, les Politiques etc….

Ce mode de fonctionnement peut paraître rigide mais cela fonctionne très bien et c’est la seule façon pour une association nationale d’avoir une représentativité sérieuse sur son territoire.

En revanche, l’idéal serait que nous puissions être au moins 5 membres actifs à travailler sur la région.

Nous espérons donc être bientôt au moins 5 !

 

GAYVIKING : Votre champ d’action se limite à Caen, la basse Normandie ou est beaucoup plus large ?

Anne-Lyse : Notre action se situe sur toute la Normandie, mais l’idéal serait à terme que nous ayons 2 délégations régionales, l’une en Basse Normandie et l’autre en Haute Normandie.

Pour une raison très simple, nous sommes amenés à beaucoup nous déplacer car la Normandie, c’est tout de même pas une petite région !

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GAYVIKING: Comment agissez-vous ? Intervenez-vous dans les écoles pour sensibiliser les plus jeunes à la tolérance sur les différences ?

Anne-Lyse : Notre association à une Commission d’Intervention en Milieu Scolaire.

Cette commission travaille sur des modules d’intervention adaptés aux différents publics et forment ses intervenants.

C’est-à-dire que toute personne intervenant au nom de SOS homophobie dans un établissement scolaire a  suivi une formation au préalable, formation interne à l’association.

L’association a un agrément sur l’Académie de Versailles et nous sommes en demande d’agrément national.

Lorsque nous intervenons en Normandie, c’est à la demande de chefs d’établissements,  d’enseignants ou d’élèves/ étudiants travaillant sur des projets liés à l’homosexualite-l’homophobie.

Par exemple nous sommes intervenus à plusieurs reprises dans des Lycées agricoles.

Le thème des discriminations est très abordé dans les Etablissements scolaires relevant du ministère de l’agriculture.

Nous sommes parfois appelés lorsqu’un élève a fait une tentative de suscide liée au fait qu’il n’acceptait pas son homosexualité ou qu’il était harcelé par ses camarades.

Dans ce genre de cas, on joue un peu les pompiers, pourquoi pas !

Mais l’idéal est d’intervenir avant pour sensibiliser afin que de tels événements ne surviennent pas.

La prévention de l’homophobie en milieu scolaire est indispensable.

On oublie trop souvent la souffrance des jeunes homos, filles ou garçons. Et sensibiliser pour  éviter aussi  que certains jeunes ne deviennent un jour de futurs agresseurs.

GAYVIKING : En Normandie, les actes homophobes ont-ils augmenté ? Quels sont les plus importants ?

Anne-Lyse :  C’est difficile de répondre.

Car beaucoup de gens n’osent pas dire qu’ils ont été agressés ou qu’ils ont été victime d’homophobie.

C’est tellement dur que parfois on préfère oublier, on case ça dans un petit coin de sa tête ou alors on se dit c’est pas si grave…

Nous encourageons les Normands et Normandes à témoigner sur notre ligne d’écoute ou par courriel.

Ces chiffres nous permettent ensuite au niveau local de dire que l’homophobie est présente partout.

Et puis être écouté, ça fait du bien. Et lorsque qu’il s’agit d’agressions graves, notre association peut se porter partie civile.

En Normandie nous ne sommes pas épargnés  nous avons des témoignages d’agressions verbales, de discrimination sur le lieu de travail… des  d’agressions physiques, parfois très graves.

Les victimes n’osent pas toujours porter plainte.

Ceci étant, on nous relate des faits qui laissent à penser que le climat est plus homophobes qu’avant, en particulier dans la rue, ou sur les lieux de drague, à la sortie des établissements gays.

Bien sûr il ne s’agit pas de faire peur mais d’être vigilant.

GAYVIKING : Quoi faire quand on est victime d’un acte homophobe ?

Anne-Lyse :  Et bien, tout dépend du contexte, chaque cas est particulier.

Dans les agressions de voisinage par exemple, il n’est pas toujours simple d’aller au commissariat porter plainte contre le voisin qui nous insulte.

On peut parfois trouver des solutions intermédiaires. Nous envoyons  par exemple des lettres de rappel à la loi  concernant de tels actes. Parfois cela suffit.

Il y a évidemment des situations où il faut absolument porter plainte en insistant sur le caractère homophobe de l’agression.  Puisque dans ce cas et si cela est prouvé, il y aura aggravation de la peine.

Nous avons des juristes dans l’association, il ne faut pas hésiter à nous appeler. Nous pouvons apporter des conseils.

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GAYVIKING : Au niveau national, vous venez de sortir votre rapport annuel sur l’homophobie, quels sont les points les plus significatifs cette année ?

Anne-Lyse : Et bien les agressions physiques restent à un niveau élevé, 11 des appels.L’homophobie au travail  représente le premier motif d’appel : 17 des appels.

On note une forte augmentation des appels concernant les agressions de voisinage 13. Et l’homophobie sur Internet devient de plus en plus virulente.

Si on assiste à une meilleure acception globale de l’homosexualité en France, on assiste parallèlement à une radicalisation de l’homophobie surtout chez les jeunes.

Cela  nous inquiète car les agressions physiques qui vont parfois jusqu’au meurtre sont le plus souvent perpétrés par des mineurs ou jeunes majeurs.

Il ne s’agit pas de montrer du doigt les ados mais de rappeler une fois de plus qu’il faut éduquer, informer, sensibiliser.

GAYVIKING : Comment voyez vous l’avenir, c’est à dire l’évolution de la perception de l’homosexualité dans la société française ?

Anne-Lyse : Comme je le disais il y a une meilleure acceptation de l’homosexualité en France.

L’homoparentalité n’est pas toujours bien perçue, certains hétéros pensent que c’est leur pré carré !

Cependant, il nous faut absolument  accéder à l’égalité des droits.

Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone.

Il faut cesser de cautionner implicitement l’homophobie en ne nous accordant pas les mêmes droits.
C’est l’un des moyens de faire reculer l’homophobie.


GAYVIKING: Le cadre législatif actuel contre l’homophobie est-il satisfaisant pour vous aujourd’hui ?

Anne-Lyse : Cette loi contre l’homophobie est une avancée majeure, encore faut il qu’elle soit appliquée.

Pour cela il faut que les victimes osent dire, lorsque c’est le cas, que l’agression qu’ils ont subie est à caractère homophobe.

L’arsenal juridique actuel  est suffisant, il reste à réussir à le faire appliquer.

GAYVIKING : Quels sont vos projets ?

Anne-Lyse :  En Normandie nos priorités cette année sont la formation pour adultes et les interventions en milieu scolaire.

Nous voulons aussi mieux diffuser notre numéro azur et faire en sorte que les Normands témoignent  et que l’on puisse localement apporter un soutien aux victimes qui le souhaitent. Et puis les filles ! Réveillez vous ! Les lesbiennes sont souvent invisibles, il faut aussi qu’elles témoignent, qu’elles nous appellent.

Nous avons réalisé  au niveau national une enquête spécifique  sur la lesbophobie, 4 années de travail. L’édition de cette enquête est sortie en mai pour la journée mondiale de lutte contre l’homophobie.

Cela pourra être le thème d’une autre interview Fred si tu le souhaites. « Comment se manifeste l’homophobie envers les lesbiennes ? » (Fred : «ok, l’idée est retenue »)

logo_petitsos_homophobieGAYVIKING : Comment faire pour vous contacter (adresses, contacts, mail, site internet) ?

Anne-Lyse : Nous avons un site national www.sos-homophobie.org Numéro Azur 0 810 108 135

Localement : sos-caen@sos-homophobie.org et

un portable 06 86 71 02 85

GAYVIKING : Un dernier mot ?

Anne-Lyse : Bravo pour votre site, c’est un travail remarquable non envahi par la publicité ! Rappeler sans relâche que c’est l’homophobie le problème, pas l’homosexualité !

Soyons heureux d’être ce que nous sommes.

Visiter le site internet de l’association SOS Homophobie

 

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