04 décembre 2016

Une tragique histoire sentimentale

meurtre-scene-crime(article publié le 14 septembre 2014)

C’était le vendredi 4 octobre 2013. Sofiane, un garçon de 17 ans est retrouvé mort dans la cage d’escalier de son immeuble rue St Romain à Rouen. Son corps gît dans un bain de sang. Une blessure avec une paire de ciseaux dans sa gorge lui aura été fatale. Aujourd’hui un an plus tard, l’agresseur, Erdjani, est arrêté et en prison.

Les avocats de l’accusé et de la famille de Sofiane se sont confiés au site d’informations 76Actu

Sofiane originaire du Havre logeait dans un appartement en face de la Cathédrale de Rouen. Il était apprenti coiffeur. Il avait 17 ans. Le jour du drame, il était avec Erdjani, un jeune apprenti coiffeur de 17 ans lui aussi. Sofiane avait des sentiments pour lui. Ce jour-là, il tente de l’embrasser… mais Erdjani s’interpose. Une paire de ciseaux à portée de mains scellera définitivement leur relation.

arrestationUn baiser de trop

L’avocat de l’accusé, Me Vigier, précise à 76actu que son client ne nie pas la situation de violence avec Sofiane mais qu’il se « défend d’être homosexuel » et surtout qu’il n’avait pas l’intention de tuer. Il est fort probable que la défense plaidera l’accident.

L’avocat de la famille de Sofiane, Me Picchiottino précise que le jeune agresseur avait du mal à accepter son homosexualité et qu’il avait bien, lui aussi, des sentiments pour Sofiane.

Il aura fallu presque un an pour que l’agresseur soit en prison. Il faut préciser que Erdjani a pris la fuite le lendemain des événements pour l’étranger. D’origine arménienne, le garçon prendra le chemin de l’Europe de l’est et sera arrêté en Ukraine pour y être emprisonné sept mois avant d’être extradé en France cette semaine.

meurtre_sofiane
(photo : France 3 Normandie)

Un beau gâchis des deux côtés : la famille de Sofiane et l’agresseur. L’avocat d’Erdjani précise : « il n’a plus personne dans sa vie ».

L’accusé encourt 15 ans de prison.

Bien entendu, il convient d’attendre que la justice se prononce. D’autres éléments se révéleront lors du procès. En tout cas, les avocats qui se sont confiés à 76Actu laisseraient croire que ce scénario soit le plus crédible.

Une difficile acceptation

comint-outAvec ou sans lien avec ce drame, et sans donner de circonstances atténuantes à l’agresseur (le procès n’a pas encore eu lieu), on devine qu’il peut être parfois très difficile d’accepter son homosexualité. Le premier des coming-out est celui que l’on se fait à soi-même… et c’est le plus dur.

La société est hétérocentrée. Par défaut, nos parents et même la société nous considèrent comme hétérosexuel dès la naissance. Évoluer dans un monde où l’homosexualité n’est pas la norme que cela soit en France ou ailleurs n’est jamais facile. Il suffit de lire les témoignages sur le forum de GAYVIKING pour comprendre que cette démarche de « révélation » à soi-même et aux autres est compliquée. L’activité croissante de l’association Le Refuge rappelle que des familles rejettent encore leur enfant car il est gay ou lesbienne. Fort heureusement, de nombreux garçons et filles n’ont pas de telles difficultés.

Bien entendu, les situations dramatiques de cet ordre sont très rares… mais le fond du problème relève bien du rejet de l’autre et donc de l’homophobie que distille la société.

(à suivre… )

Pour aller plus loin sur le sujet…

Pour l’affaire en cours : lire l’article de 76Actu (cliquez ici)

Pour le sujet du coming-out, le livre de Paul Parent, journaliste à Yagg, « Osez faire votre coming-out » (cliquez ici)

 

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