Rouen : dissolution de l’association Gay’T Normande après 8 ans d’activités

Article publié le 24 février 2018

Cela faisait cinq mois que l’association LGBT recherchait une nouvelle équipe dirigeante. Après huit années de services, les adhérent.e.s ont décidé de dissoudre l’association.

Rouen : dissolution de l’association Gay’T Normande après 8 ans d’activités

Après avoir constaté, une nouvelle fois, qu’il n’y avait toujours pas de candidat.e au poste de Président.e pour porter un projet associatif, l’assemblée générale extraordinaire a décidé à la quasi-unanimité de dissoudre l’association Gay’T Normande.

Fatiguée, une majorité de l’équipe dirigeante ne souhaitait pas se représenter en 2018 et notamment son président, Thomas Leroy. Dès le mois d’octobre 2018, il a lancé un appel à candidatures.

Lors de la première assemblée générale en janvier, aucune personne n’a souhaité prendre la tête de Gay’T Normande. Il précisait à Gayviking : “Aujourd’hui, mes projets évoluent et ne me permettent plus d’envisager un équilibre suffisant avec mon investissement associatif. Je préfère donc passer le relais à une personne qui pourra, qui saura, continuer à faire rayonner Gay’T Normande.”

Peu d’adhérents actifs

Comme nous l’avons souvent écrit en relayant l’actualité régionale, le bilan de l’association Gay’T Normande est honorable.

Créée en 2011, un petit groupe de personnes se rencontrent sur le forum de Gayviking (rubrique actuellement disparue). Ils ont l’idée de passer du virtuel au réel en mettant sur pieds une association LGBT.

Initialement dénommée Gaynormandie pour devenir Gay’T Normande en 2013, cette association est rapidement devenue avec le Centre LGBTI de Normandie une des associations les plus reconnue et écoutée, même si plus tard ses actions se sont resserrées au territoire de la Métropole de Rouen.

Rouen : dissolution de l’association Gay’T Normande après 8 ans d’activités

L’association a formé ses bénévoles pour réaliser des interventions en milieu scolaire suite à un agrément de l’Education Nationale. Gay’T Normande avait mis en place une ligne d’appel téléphonique. Une fois par mois, des permanences d’accueil étaient ouvertes à tous pour l’écoute et la convivialité. En 2014, l’association a relancé les journées du cinéma LGBT sur Rouen.

Certes l’association possède beaucoup de soutiens mais avec peu de volontaires pour s’investir et prendre des responsabilités. Sur 81 adhérent.e.s fin 2018, l’association ne comptait aujourd’hui qu’une quinzaine d’adhérent.e.s actifs.

Partir dignement…

Interrogée, Florence Dodeman, ancienne présidente de Gay’T Normande et co-fondatrice de la structure nous précise : “il faut permettre à Gay’T Normande de se retirer proprement”.

Elle souligne : “Cette association a fait de belles choses. Elle a sorti des personnes de l’isolement. Les gens ont pu se parler et on s’est rassemblé dans différents combats comme le droit au Mariage pour Tous. Gay’T Normande a joué un rôle important dans la région.”

Et comme la nature a horreur du vide, elle ajoute avec confiance : “Cela permettra à d’autres groupes de lancer de nouvelles formes de militantismes”.

Rouen : dissolution de l’association Gay’T Normande après 8 ans d’activités

Benjamin Duval, administrateur de l’association, rappelle : “Gay’T Normande a été un vecteur de rassemblement des associations LGBT en 2018 comme l’agression homophobe sur Romain et les actions sur l’adoption auprès du Département de la Seine-Maritime.

Les efforts n’auront pas été vains

Thomas Leroy ne cède pas au pessimisme : “je me suis rendu compte que les missions de Gay’T Normande sont aussi portées par les autres associations. Le Refuge pour les interventions en milieu scolaire, le Centre LGBTI pour les permanences, Pix’M pour le cinéma LGBT, Getin pour les personnes transgenres et intersexe”. Et d’en conclure : “on perd une structure mais d’autres associations poursuivent les missions”.

Rouen : dissolution de l’association Gay’T Normande après 8 ans d’activités

Les adhérent.e.s ont également décidé de répartir les fonds associatifs, à part égale entre trois associations : le Centre LGBTI de Normandie, le Collectif Intersexe et Allié.e.s, et la jeune association lgbt sur Elbeuf : Coming Out. Enfin, l’association Pix’M récupère pleinement les journées du Cinéma LGBT, Ciné Friendly, avec une prochaine édition déjà fixée du 24 au 27 avril prochain.

Florence Dodeman pourrait conclure cet article par ses mêmes mots lors de la réunion de dissolution : “Il faut savoir aller au-delà de ses émotions...” et laisser partir son bébé.

 

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